Rubrique Mestiza.
C’est avec plaisir que nous vous annonçons la naissance officielle d’ Epi-Ethno Santé le 19 juin 2004 à Lyon. Vous trouverez ci-joint la liste des onze membres fondateurs de l’Institut. Nous vous rappelons que nous nous donnons comme objectif de contribuer à l’amélioration de la santé des populations les plus défavorisées en France et dans le monde, par un travail de Recherche-Action en santé publique. Les organismes nationaux et internationaux de Santé Publique s’accordent en effet à dire, dans un discours souvent distancié, que la santé de ces populations est un des principaux enjeux sanitaires aujourd’hui. Pourtant les travaux de recherche sur cette thématique restent peu nombreux, les moyens de financement sont tout aussi maigres et les structures de soins investies dans ce secteur (ONG, associations, structures publiques et privées ...) se retrouvent ainsi elles-mêmes en situation précaire. Epi-Ethno Santé identifiera, expérimentera et évaluera des réponses nouvelles en santé publique, généralisables, reproductibles et réalisables dans d’autres situations, par une immersion permanente de ses chercheurs dans l’action de terrain. La proximité avec le terrain et les populations sera le point d’ancrage de nos travaux. Notre équipe a l’originalité d’être pluridisciplinaire, alliant des professionnels et chercheurs médecins praticiens, médecins de santé publique et épidémiologistes à des professionnels et chercheurs ethno anthropologues. Nous souhaitons ainsi stimuler une dynamique de recherche auprès des structures et des acteurs investis dans le champ de la santé des populations défavorisées. L’Institut incitera la communauté scientifique, les acteurs politiques et économiques à s’investir de ces problématiques sanitaires, notamment en diffusant par tous les moyens mis à sa disposition les résultats de ses recherches. Pour exister, nous voulons inaugurer des partenariats nouveaux avec le secteur public comme avec le monde de l’entreprise. Nous souhaitons ainsi dépasser les clivages traditionnels entre le secteur non lucratif des associations et des ONG et le secteur privé : il s’agit d’oser réhabiliter l’idée que l’entreprise, créatrice de lien social peut être un outil de transformation positive de nos sociétés. Nous croyons qu’un travail commun permettra de trouver ensemble les meilleures solutions possibles.
Dr Jean FAYA Président
Cinq projets seront activés avant la fin de l’année 2004 à l’occasion de travaux universitaires. Un premier projet est initié au Cambodge , animé par Céline AMIEL sur place depuis juillet 2004 autour de la problématique des infections nosocomiales et du VIH. Une deuxième recherche débutera en septembre en France, avec Jean FAYA comme référent, consacré à la couverture vaccinale de la rougeole. Audrey PESCHE sera référent d’une troisième recherche à Lyon sur le thème de la souffrance morale de population des Gens du Voyage du Rhône, entre ostracisme et déculturation. Ana JURADO partira en décembre 2004 à Quito en Equateur pour une recherche exploratoire, afin que l’Institut puisse engager une recherche-action sur la santé des populations urbaines exclues du système de soins. Ashley OUVRIER étudie la faisabilité d’une recherche-action en Inde. Ces cinq premiers travaux serviront de canevas au Comité de Recherche-Action (CRA) d’Epi-Ethno Santé, pour établir précisément les grandes lignes de notre méthodologie, avec l’objectif de vous les présenter dans une première publication scientifique en juin 2005. Cette première configuration de travail nous permet de nous positionner dès le départ dans une perspective anthropologique. La diversité et la spécificité des cultures rencontrées par nos équipes terrain nous invitera sur le long terme à un travail comparatif. Cet éclairage là, nous le pensons, permettra une plus grande efficacité des actions de Santé Publique auxquelles nous participerons.
Nous avons rapidement répondu à la question que nous nous posions dans le premier numéro de Mestiza, sur le fait de devenir le partenaire privilégié d’une ONG comme Médecins du Monde ou de rester une structure indépendante. Le débat avec MdM n’a pas eu lieu là où nous l’attendions. L’association en effet, met en avant l’argument suivant : elle ne souhaite pas « favoriser le mélange engagement militant à MdM et engagement professionnel sur un support MdM » faisant allusion à la double « casquette » de certains membres de l’Institut. Une position plus indépendante nous semble également à ce jour beaucoup plus productive, car elle privilégiera par la suite des partenariats diversifiés, et nous ouvrira les portes de conceptions différentes en Santé Publique.
L’Association Régionale des Tsiganes et de leurs Amis Gadge (ARTAG) sera notre premier partenaire-terrain, nous ayant sollicité pour poursuivre un travail engagé sur la santé des gens du voyage depuis 2 ans. Nous les remercions de leur confiance.
Nous remercions aussi la Ville de Lyon, qui nous permet aujourd’hui de bénéficier à moindre frais d’un premier local pour héberger le siège social de l’Institut.
Nous remercions l’Equipe de la Direction Générale de la Santé avenue de Ségur à Paris, pour son invitation à venir lui parler de notre projet et pour la tribune scientifique qu’elle nous offre. Nous poursuivrons localement les discussions engagées avec la DRASS Rhône-Alpes, dans la perspective d’un soutien financier.
Nous remercions encore l’Equipe d’Aventis-Pasteur qui aura été la première à croire en notre projet. Son soutien financier témoigne de sa capacité à soutenir l’innovation. C’est grâce à eux que l’Institut peut aujourd’hui prendre son envol.
C’est sûrement aujourd’hui le plus plaisant dans les débuts d’ Epi-Ethno Santé : la naissance de l’équipe. Après de nombreuses discussions autour de la trame de l’Institut, les onze membres fondateurs , quatre ethno-anthropologues, cinq médecins, un acteur économique et un coordinateur ONG, se sont réunis le 19 juin 2004 pour adhérer à nos statuts. L’Assemblée générale ainsi constituée a élu un Conseil d’Administration de dix personnes, qui a lui-même élu en son sein un bureau composé d’un président, d’un trésorier et d’un secrétaire général. Deux groupes de travail ont été crées à l’initiative du CA : le Comité de Recherche-Action (CRA) et le Comité Communication et Financement (CCF). Nous serons également heureux de vous accueillir sur notre site Internet dès le mois d’ Octobre 2004.